X
top

Poésie

Poésie

Les chats

Tiède comme une infante
Moulée à mon respire
Elle faisait de mon ventre
Le Pont de ses Soupirs
Avide de mes mains
Abandonnée à moi
Elle apprenait l’humain
Et j’apprenais le chat.
4 juin 1981

 

Les chats sont des paons sans queue.
Spécialistes de la roue invisible, ils paradent en fausse modestie.
18 mars 1985

 

Le chat a tant de choses à dire qu’il réfléchit bien, plisse ses yeux… et se tait.
19 mars 1985

Pensées personnelles – Venise

Le long des corniches vénitiennes
Courent des clavecins de lagunes
Tempérés mais têtus
Arrachant aux palais
Des lambeaux de splendeurs.
Et le ciel des plafonds
Aux fastes évanouis
Se lézarde au soleil mourant des chandeliers
Tandis que d’un seul doigt posé sur le piano
L’homme défie le temps
Le temps qui se défait…
Les ors en éboulis
Roulent aux pieds des coupoles
Trahies par les colonnes
Elles-mêmes trahies
Par les dalles bientôt avalées par le noir
Des eaux mortes mourantes
Où les rats se préparent
Aux reliefs délirants
Du dernier carnaval

Site bientôt en ligne

© 2020 eddymarnay.com - Photo de droite © Stéphane de Bourgies